En complément des couvertures photo et des résumés de rencontres relatant les performances sur le terrain des plus jeunes aux plus anciens, après avoir commencé à donner la parole aux entraîneurs vendredi dernier, je voulais donner la parole aux arbitres tous les jeudis, ce nouveau concept nous permettant à tous de découvrir ces “hommes en noir”. Pour ce premier épisode, c’est Wiesen Patrick (AS Hatten) qui se prête au jeu et, tout comme Damien Gautier, il a également eu des choses à dire… Retrouvez, ci-dessous, le contenu de cet entretien…
Présentation de l’arbitre
AM: Présentes toi en quelques mots.
PW: Je m’appelle Patrick Wiesen, j’aurais 52 ans dans 2 mois. Ma femme se prénomme Esther et nous sommes mariés depuis 22 ans. Nous sommes parents de 2 garçons, Julien et Guillaume. Je suis originaire de Moselle est, fils unique de mineur et fier de l’être. Je suis responsable de maintenance générale, chez BDR Thermea France, anciennement De Dietrich Thermique, et m’occupe plus particulièrement des infrastructures et travaux neufs tous corps d’état..
AM: Parle nous de ta carrière dans l’arbitrage.
PW: Mon club d’appartenance est l’AS Hatten, mais lorsque je suis arrivé en Alsace, j’avais signé au FR Haguenau. J’ai commencé l’arbitrage, tardivement, en novembre 1989 et je suis donc à ma 34e année, sans interruption. J’ai été arbitre de ligue environ 25 ans de 1993 à 2017, puis j’ai demandé ma rétrogradation en District 1. Durant ces 24 ans, j’ai officié à minima en Excellence pendant 23 ans, dont une dizaine en Division d’Honneur. Cet été, j’ai demandé à nouveau volontairement à descendre d’un cran soit en District 2, sous réserve de réussite à mon test physique, sinon je serais classé D3.
Questions autour de l’arbitrage
AM: Etre arbitre est une vocation. Comment est arrivé cette envie de prendre le sifflet?
PW: Je n’étais pas du tout prédestiné à m’engager dans cette voie. Mon papa n’était ni footballeur, ni arbitre! Ma première licence joueur était en catégorie poussin à l’âge de 6 ou 7 ans, mon premier entraineur fut Robert Szczepaniak, ancien joueur pro passé notamment par le RC Strasbourg, et qui avait fini sa carrière professionnelle au FC Metz. Il m’a entrainé au SOM, Stade Olympique Merlebach. J’ai joué au foot jusqu’en junior, au poste de demi-défensif, mais j’étais un piètre footballeur. Après un an sans rien faire, c’est un ami avait qui j’avais joué en junior et qui se retrouvait en senior dans un autre club, qui m’a poussé à prendre le sifflet, afin de rendre le club en règle vis à vis du statut de l’arbitrage. Je ne me voyais pas endosser ce rôle, moi-même à l’époque n’ayant pas forcement un comportement exemplaire vis à vis des arbitres. Au final, et à 18 ans, j’ai passé mon examen, après l’avoir loupé une fois, puis je suis devenu un passionné, et j’entame maintenant ma 34e saison.
AM: Peux-tu nous parler de ton parcours personnel?
PW: Lorsque je regarde derrière moi, mon album photo, mes découpes de presse, certains articles de matchs, les personnes que je côtoie tous les week-ends autours du terrain ou autres, je suis très fier de mon parcours personnel, même si je n’ai pas su profité de la chance qui m’avais été donné à deux reprises à Clairefontaine, de réussir l’examen théorique d’arbitre Fédéral. Incontestablement, c’est le regret de ma carrière. Trois de mes collègues Lorrains, ont su saisir leur chance et ont fini en Ligue 1 après plusieurs années d’exercice à ce niveau. A un moment donné de ma vie d’arbitre, c’était une ambition de pouvoir grimper le plus haut possible. Cependant, je suis fier moi, on peut comparer l’évolution d’un arbitre, à l’image d’une pyramide, tous n’arriveront pas au sommet et ce fut mon cas, mais tous n’arriveront pas non plus, à faire autant d’années en Ligue et au plus haut niveau régional.
AM: Quel niveau ambitionnes-tu dans l’arbitrage?
PW: Bien évidemment, cette question ne me concerne plus. Ma carrière est derrière moi. Toutefois, c’est une des raisons, pour lesquelles j’ai demandé à descendre de niveau. En effet, on peut comprendre qu’à un certain âge, on ne soit plus aussi performant physiquement, qu’à une certaine époque. Aussi, je ne me voyais plus, notamment en R2 et l’année dernière en D1, continuer à arbitrer à ce niveau, en sachant que physiquement, je n’étais plus au top. Les clubs s’entrainent deux à trois fois par semaine, je ne me voyais plus rendre service à ces derniers, et à l’arbitrage, en n’étant à la 88e à 40m d’une action, avec une décision importante à prendre, qui peut faire basculer une rencontre ou non. Toutefois, j’ai toujours le même challenge, à savoir, prendre les décisions les plus justes possibles, et finir un match sans que l’on parle d’arbitrage d’une manière négative, et en essayant surtout de par mes décisions, de ne pas influencer le score d’une rencontre.
AM: Quel(s) est/sont ton/tes meilleur(s) souvenir(s) en tant qu’arbitre?
PW: Bien entendu en 32 ans, et en à peu près 1300 matchs arbitrés si l’on déduit la période COVID et une année de blessure, j’ai plein de bons souvenirs et ils sont variés, et très difficile pour moi de n’en sortir que un ou deux. En prenant d’abord du recul, les bons souvenirs sont tous ces joueurs, entraineurs, présidents, dirigeants, bénévoles, et mêmes spectateurs que j’ai eu la chance de croiser sur mon parcours, et ceci est une richesse humaine extraordinaire. Grâce à l’arbitrage, et ces milliers de kilomètres parcourus, je connais quasi toute l’Alsace et la Lorraine, et il y a peu de terrain sur lesquels je n’ai pas foulé mes crampons ou usé de mon sifflet. Après bien sûr, lorsqu’on est un passionné comme moi, il y a cette adrénaline qui vous vient lorsque vous donnez le coup d’envoi d’un derby, d’une finale de coupe, d’un match pour le maintien ou la montée, ou d’un match classé comme plus risqué que d’autres. J’ai eu de la chance dans mon parcours d’arbitrer des joueurs professionnels en Championnat National 2 de l’époque ou lors de rencontres amicales du Racing, Metz, Auxerre, Lens et autres et de croiser des joueurs comme Pires, Zitelli, Bertin, Kastendeuch Ribery et de toute une génération. Je n’oubli pas tous mes collègues arbitres de ma génération que j’ai pu croiser lors de stages et de tous ces arbitres à qui j’ai fait la touche et qui sont à mon sens, de grands noms de l’arbitrage. En tout premier je citerais Eric Poulat, dont le palmarès est impressionnant, et qui est devenu un ami et qui, à ma demande est venu de Lyon arbitrer bénévolement un match de Racing contre Jablonnec et à qui j’ai pu faire la touche. Des arbitres comme Antony Gautier, responsable de l’arbitrage actuellement , Clément Turpin qu’on ne présente plus et d’autres. En me focalisant sur des rencontres, ce sont plusieurs finales de CMDP, Super-Finale, une finale de coupe d’Alsace à Betschdorf entre l’ASIM et Oberlauterbach devant 2000 spectateurs où j’étais 4e avec tous les spectateurs d’Oberlauterbach derrière moi ! Plusieurs quatrième, cinquième et sixième tour de Coupe de France, le FC Soultz/Kutzenhausen contre l’US Reipertswiller devant 1000 passionnés, un Raedersheim/FC Mulhouse où il y avait plus de spectateurs que d’habitants du village où, et à la demande du Président, j’ai décalé de 15 mn le coup d’envoi car il y avait trop de monde à la caisse. Plusieurs FCE Schirrhein/SS Weyersheim notamment en Coupe de France, AS Hoerdt/SS Weyersheim et d’autres encore. Je finirais avec notre Racing, où j’ai eu la chance de fouler la pelouse de la Meinau à deux reprises et devant 15000 supporters, au temps où le kop était dans le virage, croyez-moi, être au poteau de corner, à côté de ces supporters, c’est frisson garanti!
AM: Au contraire, quel(s) est/sont ton/tes pire(s) souvenir(s) en tant qu’arbitre?
PW: J’estime être chanceux, je n’ai jamais été victime d’agression physique, même si certains matchs, et il y a en moins que de doigts à ma main, se sont moins bien passés que d’autres. C’est donc un mauvais souvenir que j’écarte d’entrée. Dans notre société actuelle, où toutes formes d’autorités, dont celle de l’arbitre est bafouée, c’est déjà une certaine victoire en soi, même si cela parait être la moindre des choses. Néanmoins, j’ai deux mauvais souvenirs. Le décès lors de la rencontre AS Mutzig/CS Fegersheim en Promotion d’Excellence, en 2009, de Paolo Mendes, âgé de 30 ans, suite à une rupture d’anévrisme, sur le terrain en deuxième mi-temps. Je n’ai jamais oublié cette scène, où je vois ce joueur s’écrouler, seul, sans personne autour de lui. Les secours héliportés et atterrissant sur le terrain, n’ont pas réussi à le réanimer. C’est incontestablement mon pire souvenir. Mourir si jeune, dans l’exercice de sa passion. Le deuxième, plus récemment et connu de tous les passionnés du ballon rond en Alsace du Nord, ce sont les évènements qui se sont produits à deux minutes de la fin, lors du choc et derby entre le FC Mothern et LE FC Scheibenhard, pour la montée en District 1 en mai 2019, avec mes amis Noé Eric et Turgut Ilhami. Ambiance électrique autour de la main courante, sur le terrain forcément, et décalée de 15 mn en raison d’éclairs et d’un orage. Sans entrer en détail dans les évènements survenus, et 4 ans après, ce match me poursuit et me colle à la peau, et à ce jour, on m’en parle encore. Encore maintenant, en faisant mon auto-critique je me pose cette question: qu’ai je mal fait, pour qu’on en arrive à ces évènements?
AM: Selon toi, pour un jeune, est-il difficile d’assumer son désir de devenir arbitre?
PW: Souhaiter ou devenir arbitre, n’est pas la priorité des jeunes lorsqu’on s’intéresse de près au football et c’est bien normal. Lorsque l’on aime un sport, c’est pour le pratiquer, pas pour en diriger les acteurs. Cependant et avant tout, et si un jeune se lance dans l’arbitrage, il faut à mon sens déjà être très courageux dans le sens où ce n’est, et de loin, pas la voie la plus facile. Lorsque j’ai commencé l’arbitrage, il n’y avait pas d’accompagnement, et de structures mises en place à la progression des arbitres, pour un tas de raisons. L’arbitrage passait, il faut le dire au second plan, que ce soit au niveau des clubs en eux-mêmes, voire aussi de part nos instances dirigeantes. Aujourd’hui, la FFF et la Direction Nationale de l’Arbitrage ont compris depuis quelques années qu’un jeune arbitre doit être accompagné par un arbitre plus ou moins expérimenté, par un membre du club parfois qui reste avec lui aux abords du terrain. Des structures sont en place pour aider à la progression des jeunes arbitres, observations, conseils, stage de rassemblement avec différentes épreuves physiques et théoriques, mise en place de plateaux d’entrainement à Strasbourg où se rassemble les arbitres pour s’entrainer en commun, ce qui peut permettre aux arbitres d’échanger entre eux, mise en place de CTRA et CTDA conseiller technique régionale et départemental en arbitrage, test théorique mensuel pour les JAL, jeunes arbitres de ligue, des référents JAL qui est l’une de mes missions pour l’Alsace. Bref autant d’actions pour accompagner et faire progresser les jeunes arbitres. Certes tout n’est pas parfait, nous souffrons dans notre famille aussi, d’un manque de bénévolat. Cependant à mon sens, il est plus facile qu’auparavant de se lancer dans l’arbitrage, malheureusement et par après, d’autres paramètres entrent en jeu, et qui font qu’un jeune fasse une plus ou moins longue carrière. La fidélisation de nos arbitres est encore une de nos actions où l’on doit performer.
AM: Au sujet des jeunes candidats arbitre, quel(s) conseils voudrais-tu donner à un jeune voulant se lancer dans l’arbitrage?
PW: Déjà je le féliciterais! L’arbitrage est une super école de la vie. Difficile encore une fois, mais tellement enrichissante si l’on fait cela avec passion. Très délicat de ne donner qu’un conseil, mais avant tout, il est à mon sens important de ne pas confondre deux choses, autorité et excès d’autoritarisme. Ce n’est pas parce que l’on est en noir sur le terrain, avec un sifflet à la bouche et un écusson, que l’on est un gendarme voire un “chérif”. On ne mesure pas un bon gendarme, sur le nombre de contravention qu’il donne, mais sur ses capacités à régler des problèmes et résoudre des affaires. Il en est de même lorsque l’on est arbitre. C’est pour ma part un premier conseil à donner. Par après, le courage, l’impartialité, une certaine idée de la justice sportive, être droit, sont les premiers conseils à donner. Par définition, l’arbitre étant un homme, il peut se tromper et c’est bien normal, et je dirais même qu’il doit avoir le droit à l’erreur. Dans un match, un arbitre prend environ une centaine de décisions, il est bien normal, et on doit pouvoir accepter, qu’il se trompe. Mais la tricherie n’a pas sa place dans le sport, y compris dans l’arbitrage. Dans un second temps, et on l’oubli parfois, un arbitre est un sportif, et à haut niveau, un athlète. Il est donc important de conjuguer, qualités athlétiques et qualités humaines, et bien sûr, connaitre parfaitement les lois du jeu. Enfin, il est important qu’il soit accompagné, et les parents ont un rôle majeur à jouer. Si je prends mon exemple personnel, mon père qui n’y connaissait rien, ne savait pas ce que c’était un hors-jeu, me suivait sur tous les terrains. Pas besoin d’être forcément dans le milieu du football, mais comme dans tout, lorsque l’on a une épaule sur laquelle on peut s’appuyer dans les moments difficiles, c’est toujours mieux, que de broyer ou ruminer son match dans le noir.
AM: Selon toi, qu’est-ce qu’un bon arbitre?
PW: Déjà posséder les qualités citées plus haut, qualités athlétiques et théoriques avant tout. Dans une rencontre, et surtout en fin de partie, il est important de performer athlétiquement, pour juger telle ou telle action. Si on est pas entrainé, on perd de sa lucidité, et par enchainement, de la crédibilité. Part après, et cela s’apprend aussi avec de l’expérience, être dotée de qualités humaines. Un arbitre doit être respecté, mais cela va dans les deux sens, s’il veut que son match se passe de la meilleure façon qu’ils soit, le respect des acteurs, joueurs, entraineurs est primordial. C’est une condition sine qua non. Le relationnel, l’échange avec les acteurs, la fermeté dans les moments incontournables, le sourire quand on peut, relever un joueur au sol, serrer la bride lorsqu’il faut, la relâcher lorsque c’est possible. Bien entendu, le football est régi par des règles. Mais il n’y pas que la lettre, l’esprit est important aussi. N’oublions pas que nous sommes tous des humains, et un peu d’humanité, même lorsqu’on représente une autorité, n’est pas une faiblesse, mais une traduction de capacité managériale également. Ne confondons pas contestation et frustration, un arbitre doit comprendre qu’un joueur, entraineur, vit son match, et qu’il n’est pas forcément d’accord avec nos décisions prises, d’où cette notion de frustration qu’il faut bien prendre en compte.
AM: On dit que la fonction d’arbitre est parfois ingrate et que les joueurs son parfois agressifs envers le corps arbitral. Comment, selon toi, améliorer la relation joueurs/éducateurs et arbitres? Comment être, selon toi, apprécié et respecté par les joueurs?
PW: Effectivement, c’est une fonction ingrate. Dans certains matchs de district, senior ou jeunes, et pas d’arbitre présent, on ne se bat pas pour endosser cette responsabilité de directeur du jeu! Je le citais plus haut, mais la communication est importante entre arbitres et acteurs. Expliquer c’est bien pour une action ou deux, mais pas tout le match non plus. Le football souffre du mauvais exemple du monde professionnel, qui ne donne pas forcément la meilleure image au monde amateur. Franchement, je ne trouve aucun autre sport, et cela est une remarque quasi unanime, où l’arbitre se fait aussi souvent contester, voire entourer par autant de joueur sur un coup-franc ou un pénalty. Je pense que déjà là il y a un problème fondamental qui tout naturellement se reflète sur nos joueurs et l’arbitrage amateur. Je me refuse pour autant d’être défaitiste, et je pense que les échanges et la communication sont primordiaux pour comprendre nos décisions, mais il faut qu’en face, les acteurs soient réceptifs également. Une des actions lorsque j’étais à la tête de la formation et j’en avais profité lorsque j’étais arbitre de ligue, étaient les rencontres entre éducateurs et joueurs, lors de nos rassemblements d’arbitres. Je pense que c’est une des actions à poursuivre dans le futur, voire à privilégier, comme piste d’amélioration pour faire et nous faire comprendre nos décisions. Dans un second temps, j’avais également effectué des actions d’explications des lois du jeu, notamment à Schirrhein et dans d’autres clubs, auprès des joueurs seniors ou jeunes, pour leur expliquer les lois du jeu. Je pense encore aujourd’hui, et sans vouloir être provocateur, que les acteurs du football pensent connaitre les règles du football, mais dans le fond ne les connaissent pas. A leur décharge, ils ne comprennent pas non plus, le manque d’uniformité des arbitres. Comment justifier que pour la même action, la sanction technique ou administrative, n’est pas la même d’un dimanche à l’autre. En tout cas pour ma part, et je lance une bouteille à la mer, je suis disponible pour effectuer ce genre d’action dans nos clubs d’Alsace du Nord. Enfin, chaque arbitre comptant pour son club doit pouvoir effectuer ce genre de démarche, quitte à demander du support aux instances dirigeantes. Toutes ces actions, doivent nous permettre, pas forcément de se faire apprécier, mais au moins se faire comprendre, et par conséquence, se faire respecter. Je pense que si nous souffrons d’une certaine mauvaise image, c’est à nous aussi arbitres, de sortir de notre bulle, voire d’une certaine zone de confort, pour que notre image s’améliore.
AM: Qui est, pour toi, la référence en matière d’arbitrage, que ce soit au niveau District, Régional, National ou International?
PW: Certainement pas l’arbitre de France-Allemagne, avec le choc Battiston-Schumacher en 1/2 finale de CDM en 1982, ou celui de France-Koweit la même année, où c’est l’émir du Koweit qui est descendu sur le terrain, faire annuler un but marqué par la France! Comme vous l’avez compris, je suis de la génération Platini-Maradona et autres joueurs comme Rummenigue, ou plus récemment notre Zizou national. A l’époque, les arbitres mêmes internationaux, étaient peu connus bien qu’en France, nous avions de grands noms de l’arbitrage comme Michel Vautrot, Georges Konrath et bien sûr le local et atypique Robert Wurtz, et bien d’autres encore. Pour moi, et lorsque j’étais jeune et nourri d’une certaine ambition, un nom me vient directement à l’esprit, et reste encore une référence bien qu’ayant raccroché son sifflet. Pierre Luigi Collina. En dehors de l’arbitre qui l’était , à qui les plus gros matchs de Champions League et de Coupe du Monde étaient confiés, ça reste pour moi le meilleur arbitre de tous les temps. Son charisme, son management, sa proximité et communication avec les acteurs, son image, ont indirectement fait en sorte à ce que le public, s’intéresse à l’arbitrage. L’Argentin Nestor Pitana, arbitre de la finale France-Croatie en CDM 2018, avec lui, ça bouge pas ! D’un point de vue national, et même si c’est mon amitié et mon coeur qui parle, impossible de ne pas citer mon ami Eric Poulat qui était la référence des arbitres français dans les années 2000. 14 saisons en Ligue 1, une Coupe du Monde en Allemagne, deux finales de Coupe de France et une finale de Coupe de la Ligue, je ne sais combien d’Ajaccio-Bastia , sept chocs entre PSG et Marseille à l’époque où la rivalité n’était pas seulement entre supporters, mais entre joueurs et président mythique qu’étaient Bernard Tapie et Claude Bez. Ces chocs ressemblaient plus à une “boucherie” qu’à une simple partie de football. Pour la petite anecdote, il m’avait invité lors de la rencontre Strasbourg-Metz, qui fût arrêtée, suite au jet d’un pétard sur son Arbitre Assistant, qui était Nelly Viennot, je pense qu’en citant cette dernière, mes amis Alsaciens d’un certain âge, voient enfin de qui je parle! Pour finir, comment ne pas citer l’arbitre de notre belle région et local, Marc Gass que tout le monde connait, et qui était accueilli, et encore maintenant, par tous les clubs à bras ouverts!
AM: Ton mot de la fin?
PW: Un slogan bien connu est celui de “on a pas le même maillot, mais la même passion” Historiquement, l’arbitre a été crée pour le football et non l’inverse. Nous sommes au service du jeu, mais la priorité du jeu reste les acteurs, et nous sommes quelque part, une pièce rapportée. Pour autant, l’arbitre à un rôle fondamental, et il est important que toute la famille football, spectateurs compris, ait conscience de cela. Nous souffrons, et à l’image de certains de nos services publics dans tel ou tel secteur d’activité, d’un manque d’engagement dans notre corporation. Aussi, et je profite de cet instant qui m’ai donné, soyons indulgent, tolérant avec nos arbitres, et en particulier les plus jeunes. Il est quand même anormal, qu’à mes yeux et lorsqu’un jeune joueur, loupe un penalty, on lui dise c’est pas grave, la prochaine fois c’est dedans, et que pour un arbitre, on lui crie dessus, lorsqu’il oublie un penalty ou ne voit pas un hors-jeu. On peut s’engager dans l’arbitrage dès 13 ans, et sur les terrains dès 14 ans, c’est très jeune et en même temps idéal pour de réelles perspectives d’évolution. Pour autant, ils sont confrontés au monde des adultes, des éducateurs voire des joueurs plus âgés qu’eux, sans parler des spectateurs et parents qui voient en leur progéniture, de futur M’Bappé ou autre Haaland. Soyons tous conscient de cela, afin de ne pas freiner et empêcher les vocations de certains. Nous avons tous un rôle majeur à jouer. Enfin merci à Nord Alsace Foot, de m’avoir donné la parole, et je salue cette initiative de donner la parole aux acteurs du football d’Alsace du Nord et d’avoir pu expliquer quelque peu, ma passion de plus de 30 ans !
Merci à Patrick Wiesen de bien avoir voulu répondre à nos questions
Si vous êtes un arbitre officiel et que vous souhaitez également être mis en avant en répondant à ce questionnaire, veuillez me contacter en m’envoyant un e-mail à alexandre.mastio@gmail.com
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