Entretien avec un entraineur, Episode 3 | L’interview de Schmitt Geoffrey (US Schleithal)

Après les interviews de Damien Gautier et de Stephan Hervé, c’est au tour de Schmitt Geoffrey (US Schleithal) de se soumettre à nos questions ce vendredi. Retrouvez, ci-dessous, le contenu de cet interview…

Présentation de l’entraîneur

AM: Présentes toi en quelques mots.

GS: Je m’appelle Schmitt Geoffrey, j’ai 33 ans. Je suis marié à Joanna depuis sept ans et nous avons deux enfants (Loris qui a quatre ans et Marius qui à tous juste quelques mois). Je travaille au sein du groupe APAVE en tant que technicien en vérification de conformité sur des machines standard ou spéciale. Originaire de Schleithal, je suis actuellement entraîneur de l’équipe fanion depuis maintenant quatre ans.

AM: Parle nous de ta carrière en tant que joueur.

GS: J’ai commencé le football à l’âge de trois ans à l’US Schleithal où j’ai évolué dans les différentes catégories de jeunes. A mes treize ans, je suis parti rejoindre le SC Schiltigheim pour poursuivre ma formation, ce qui me permit au passage de me frotter l’élite régionale et nationale. Après une année en équipe sénior, j’ai décidé de quitter le club et rejoindre mes amis d’enfance à Schleithal, le temps de finir mes études. Après trois ans au sein du club, j’ai décidé de rejoindre l’un des clubs phare de la région, le FC Steinseltz, qui venait tous juste de descendre de CFA2. Après quatre belles saisons avec de bons et moins bons souvenirs, j’ai décidé de rejoindre l’Allemagne et Steinfeld pour découvrir une nouvelle culture et m’y faire une nouvelle expérience. Après une saison en Outre-Rhin, je décide de revenir, là où tout à commencer, à l’US Schleithal. J’y suis maintenant depuis sept ans.

AM: Parle nous de ta carrière en tant qu’entraîneur.

GS: A l’âge de quatorze ans, j’ai commencé par l’éducation et l’apprentissage des jeunes footballeurs en herbe en participant aux séances de débutant animés par l’entraineur de l’époque. J’ai rapidement pris goût et à l’âge de dix-sept ans, j’ai entraîné la génération 1993 de l’entente de la région durant deux saisons. Ensuite, j’ai pris en charge la génération 1996 de l’entente en cours de saison car cette dernière était en difficulté en championnat U13. J’ai gardé cette génération jusqu’à ce qu’elle parte dans le monde sénior (de U13 à U19) Durant ces années, nous avons pu mettre, au côté de mon papa qui s’occupait lui de la génération 1995, plusieurs lignes dans le palmarès de l’entente. Après un premier break de deux ans, je suis repassé à la formation de la génération 2003-2004 pendant une seul année (en U13). Après cette dernière expérience, j’ai arrêté d’entraîner pendant quelques années jusqu’à ce que l’on me propose de reprendre l’équipe fanion de Schleithal il y a quatre ans.

Questions autour de ton rôle d’entraîneur

AM: Comment vois-tu ton rôle d’entraîneur ?

GS: Le rôle d’entraîneur est bien spécifique, moi qui l’associe encore avec la partie joueur, il est d’autant plus compliqué. L’entraîneur doit avant tout être en phase avec le projet sportif mais également associatif du club. La mission d’un entraîneur est de plus en plus dure car les joueurs sont de plus en plus exigeants et portent attention à tout ce que fait et dit l’entraîneur. Il doit être exemplaire dans son discours, son attitude envers les autres mais surtout il doit être fédérateur pour emmener l’équipe le plus loin possible pour en tirer le maximum. Pour ma part, j’ai un objectif personnel qui est de continuer à apprendre (on en apprend chaque jour) mais surtout donner et partager mon expérience avec mes joueurs.

AM: Quels sont, selon toi, les avantages à tirer de ton rôle d’entraîneur ?

GS: Je ne parlerai pas d’avantage mais plutôt de chance ou privilège. Pour moi, le véritable “avantage” d’être entraîneur est de réaliser différentes rencontres avec des joueurs mais également des entraîneurs. Ces moments de partage et d’échange qui te permettent de comprendre et d’avoir une autre approche ou vision. Il y a beaucoup de personnes qui s’investissent dans un projet, les joueurs, les partenaires, les supporters et le comité. La parole et le ressenti de chacun est un enrichissement bon à prendre et permettent au groupe d’avancer

AM: Quels sont, au contraire, les inconvénients de ton rôle d’entraîneur ?

GS: Des inconvénients, il y en a comme partout même si je ne prends pas cela pour le moment comme des inconvénients. Mais il est vrai, que pour un entraineur il faut faire des concessions mais la passion prend rapidement le dessus. Quand tu es entraineur, l’investissement et les heures ne se comptent pas, ce qui pose souvent des problèmes à la maison à vrai dire. Tu n’es pas seulement entraineur pendants les entrainements ou les matchs, mais toutes les semaines, il y a des choses à penser, à gérer que se soit dans la vie sportive ou associative de ton club. Je pense qu’aujourd’hui le principal inconvénient pour un entraineur est la présence à l’entraînement ou au match de ces joueurs. Les générations changent et les mentalités aussi et ça ne s’est pas arrangé après le COVID.

AM: Selon toi, quelles sont les qualités requises pour être entraîneur ?

GS: Pour être entraîneur, il faut être fédérateur ce qui te permettra d’emmener ton groupe dans ses derniers retranchement.Il faut aussi être pédagogue ce qui permet de commencer et finir la saison avec un groupe qui aura tout donné pour atteindre les objectifs. L’attente de tous les joueurs de foot, c’est d’exercer leur passion. Un entraîneur doit également être à l’écoute de ses joueurs pour qu’ils les comprennent et qu’il sache utiliser leur capacité au mieux.

AM: Selon toi, c’est quoi un bon entraîneur ?

GS: Pour être un bon entraîneur, il faut du sérieux, de la rigueur, mais surtout être humain. Actuellement il n’y a pas de bon ou de mauvais entraîneur, mais seulement des personnes qui adhère ou non à ton discours, tes motivations. Faire l’unanimité, personne ne la fera mais il faut être soit même et fédérer le message que tu veux donner à tes joueurs et t’y tenir jusqu’au bout. Le foot avant tous ce sont les joueurs qui le font, l’entraineur n’est que la pour les guider et les aider à avoir le meilleur résultat possible avec sa culture ou son savoir

AM: Plutôt Hervé Renard ?Pep Guardiola ?Didier Deschamps ? (ou autre référence à votre convenance) Pourquoi ?

GS: A vrai dire, je n’aime pas me comparer à d’autre coach. J’essaye d’apprendre de chacun qu’il soit professionnel ou amateur, des coachs que j’ai eu en jeunes ou en séniors, avec qui je suis en formation et même ce que j’affronte. Mon but premier est de rester moi-même et d’inculquer les valeurs et mes convictions durant le cycle définis avec le club pour atteindre les objectifs fixés.

AM: As-tu rencontre des difficultés particulières au cours de ta carrière d’entraîneur ?

GS: Des difficultés il y en a eu et en aura toujours. Il est vrai que je ne suis peut être pas l’entraineur ou le joueur le plus facile à gérer pour les officiels car je vis ma passion à fond et quand je joue un match de foot, je suis là pour gagner, alors je peux exprimer fortement mon mécontentement ou bouger énormément sur le côté du terrain. J’ai eu beaucoup de remarques négatives à mon sujet, mais j’essaye de m’améliorer sur ces points négatifs. Les personnes qui m’ont côtoyées en tant que joueur mais aussi en tant qu’éducateur savent la personne que je suis et qu’après la fin du match, chacun peut venir me voir et discuter.

AM: Aurais-tu des conseils à donner à un futur entraîneur ?

GS: Je ne pense pas que je suis le bon exemple à suivre. Le plus important c’est qu’il reste soi-même, et qu’il aille chercher le meilleur de chaque joueur sur le plan sportif et humain pour le mettre au profit de son équipe et que surtout il se fasse plaisir.

Souvenir/Souhaits mémoriaux

AM: Quel est/sont le/les moment(s) le(s) plus mémorable(s) de ta carrière de joueur ? Même question sur ta carrière d’entraîneur ?

GS: Des bons moments, il y en a chaque saison que se soit en tant que joueurs ou en tant qu’entraineur, mais si je devrais en choisir quelque uns, il y aurait la victoire en finale de Coupe d’Encouragement avec les U17 contre le RCSA, le parcours en Coupe Gambardella avec les générations 1995 et 1996 mais aussi le 5ème tour de Coupe de France, il y a trois ans, qui est le meilleur parcours actuel du club dans cette compétition. Il y a aussi les différentes montées qui sont un bonheur et un accomplissement des efforts réalisés durant toute une saison.

AM: Chacun à des rêves ou des souhaits. Pour ton avenir en tant qu’entraîneur, que souhaites-tu ? Quel serait ton rêve ?

GS: Des rêves, il est vrai que j’en avais étant jeune, mais actuellement je ne rêve plus mais je profite de chaque moment que je passe à jouer et à entraîner. Pour la partie souhait, j’aimerai que mon équipe atteigne les objectifs fixés par le club mais au-delà de cela que chacun de mes joueurs puisse s’épanouir dans le club pendant de longues années. J’aimerais également continuer à me former en tant qu’entraîneur pour pouvoir encore mieux transmettre ma passion

Le mot de la fin

AM: Quel est ton mot de la fin?

GS: Merci à Nord Alsace Foot pour sa sollicitation et surtout un grand merci pour ce que vous faîtes pour le football amateur dans le Nord de l’Alsace. A très bientôt sur les terrains!

Merci à Geoffrey Schmitt de nous avoir donné de son temps pour développer ses réponses lors de cet interview.


Si vous êtes un entraîneur ou éducateur d’un club d’Alsace du Nord et que vous souhaitez répondre à un interview qui sera publié le vendredi sur le site http://nordalsacefoot.com, veuillez cliquer sur ce lien

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