Après les interviews de Damien Gautier, de Stephan Hervé, de Schmitt Geoffrey, de Muller Fabrice, de Geiger Lionel et de Grouard Anthony c’est au tour de Klein Maximilien (Schleithal/GJAN 19) de se soumettre à nos questions ce vendredi. Retrouvez, ci-dessous, le contenu de cet interview…
Présentation de l’entraîneur
AM: Présentes toi en quelques mots.
MK: Klein Maximilien, célibataire, sans enfant, coach sportif et préparateur physique à mes heures perdues. J’ai été récemment titulaire du Brevet d’entraîneur de foot en juin dernier. Actuellement, je suis l’entraîneur des U19/R2 du GJAN (Groupement Jeune d’Alsace du Nord).
AM: Parle nous de ta carrière en tant que joueur.
MK: J’ai joué dans diverses clubs suite à plusieurs déménagements, en commençant par l’entente des Vallons (Ohlungen) où nous avions fait quelques montées chez les jeunes. S’en est suivi une pige au FCSR Haguenau, puis à Schleithal en U19DH. Arrivé en senior, je suis parti au FC Oberroedern/Aschbach pendant 3 ans, avant de retourner à Oberlauterbach en tant qu’entraîneur de jeune en priorité puis en senior. Je suis à l’arrêt pour le moment. Le monde du travail et la vie d’entraîneur me prennent un temps considérable.
AM: Parle nous de ta carrière en tant qu’entraîneur.
MK: J’ai commencé avec les pitchounes du FC Oberroedern/Aschbach, lors de la saison 2016-2017. J’avais adoré cette année en ayant du recul. Puis, l’année d’après j’ai pris les U13/D3 qui sont montés en U13/D2. En seconde phase, nous avons joué la U13/D2 titre. Après cette apprentissage, je voulais plus, je voulais avoir un nouveau challenge. C’est alors là, que Fernand Stoltz m’a recruté pour reprendre les U15/D1, accompagné de Denis Bastian. Après une année secoué par le COVID, nous n’avions que fait la phase aller du championnat. Sur ma deuxième année avec cette équipe, c’était la même rengaine. Une nouvelle fois, notre saison a été touchée par le COVID. Cependant, nous avons pu monter notre équipe en U16/R3 pour l’année d’après (2021-2022). Cette année d’U16, marquera la qualité de mon groupe, puisque nous avions finis champion lors de cette saison, avec une dizaine de points d’avance sur le second ainsi que la place de meilleure défense et meilleure attaque du championnat. S’en est suivi, une montée en U17/R2 pleine de promesse et d’envie, accompagné de mon fidèle compagnon de route, Jean-Michel Vogel. Lors de cette saison 2022-2023, j’ai eu la chance de pouvoir effectuer mon BEF. Après une saison pleine de rebondissements, nous avions réussi à finir premier du championnat. Notre montée en U18/R1 s’est joué à un détail administratif. Malgré tout, j’ai la chance d’avoir, en majeure partie, le même groupe depuis que je suis arrivé ici. Actuellement, nous sommes en U19/R2.
Questions autour de ton rôle d’entraîneur
AM: Comment vois-tu ton rôle d’entraîneur ?
MK: J’ai toujours été fasciné par les entraîneurs plutôt que par les joueurs, même en étant plus petit. Le charisme, la prestance et l’ingéniosité de ce rôle m’impressionnaient. L’entraîneur est une entité particulière, car il doit pouvoir être social, mais mettre de la distance. Il doit pouvoir être un leader, tout en délégant. Il doit être un modèle motivationnel et de discipline, malgré les aléas de la vie. Il est le capitaine de son navire et son objectif est de le mener à bon port. En étant entraîneur en jeune (formation), son objectif, selon moi, est de pouvoir insuffler à ses joueurs un maximum de connaissances pour pouvoir s’adapter à n’importe quel demande du monde senior à venir. Chaque joueur est comme une sorte de “rouage” dans son équipe. Cependant, ce “rouage” doit être capable de s’adapter au mieux à l’environnement sportif qui l’entoure. Néanmoins, ses joueurs ne sont des “objets”, ils sont des athlètes qui cherchent à s’affirmer, s’exprimer et à s’épanouir. L’objectif et la mission d’un coach varie en fonction de sa volonté de vouloir faire apprendre à ses joueurs. Me concernant, mon principal objectif est d’avoir un groupe épanoui, ayant soif d’apprendre et ambitieux. Bien évidemment, le football reste un sport de statistiques. Le public s’intéressera plus au nombre de buts marqués ou pris. Mais ça va plus loin que ça, surtout dans la formation de nos joueurs. La maîtrise, le contrôle et la créativité d’une équipe est essentiel pour développer nos joueurs.
AM: Quels sont, selon toi, les avantages à tirer de ton rôle d’entraîneur ?
MK: J’apprends plus des joueurs que de moi-même. C’est une source de motivation phénoménale. Je me développe grâce à l’échange que me permet ce statut, que ce soit avec les parents, le club, la ligue ou les supporters. Je soulève aussi un point, qui me semble important, c’est aussi l’impact que cela engendre dans la vie de tout les jours. Que ce soit dans l’organisation, la réflexion, la discipline ou encore la faculté de s’exprimer à un public, ces éléments permettent de gagner en expérience et en confiance. Comme l’avais précisé Fabrice Muller dans son interview, à un certain niveau la compensation financière est agréable aussi, si elle existe. Mais le plus gros avantage reste que c’est un jeu. J’ai un esprit stratégique qui me permet de m’exprimer à travers mon rôle d’entraîneur. Enfin, passer du temps avec des athlètes avec qui nous avons passés tant de temps sur le terrain est très apprécié.
AM: Quels sont, au contraire, les inconvénients de ton rôle d’entraîneur ?
MK: Dans mon milieu, on appelle ça le “masque de coach” ou “le masque du théâtre”. Ça serait mentir de dire que j’ai toujours été motivé à venir à l’entraînement, surtout que nous nous entraînons 3 fois par semaine. On en appelle à la discipline dans ses moments-là. Les inconvénients, qui sont liés à mon caractère aussi, c’est le fait d’être critiqué et remis en question. C’est quelques choses qui, je le sais, est nécessaire mais qui est souvent maladroit. L’investissement sur et en-dehors du terrain est colossal. C’est pour ça, que c’est un élément qui me déplaît. C’est quelque chose que je dois encore améliorer. De mémoire, Bielsa nous avait mentionné que la principale qualité d’un coach c’est son “dos”. Plus il sera épais, moins il sera touché par les critiques. Un autre inconvénient est le fait de “faire comprendre”. Trouver des stratagèmes d’apprentissage et de compréhension n’est pas évident à tout moment. Enfin, la remise en question permanente, après un match, un entraînement foiré, etc. Rentrer chez soi, et ne pas être satisfait de ce qui a été proposé est frustrant.
AM: Selon toi, quelles sont les qualités requises pour être entraîneur ?
MK: Une phrase me vient à travers cette question, elle est niais, mais tellement marquante : ” un entraîneur doit être entraînant”. C’est mon professeur en STAPS, Philippe Roy, qui nous le mentionné à chaque passage pédagogique. Depuis, c’est une phrase sur laquelle je m’accroche sur terrain et dans mon métier. Les principales qualités sont de la discipline, sa réflexion et sa passion.
AM: Selon toi, c’est quoi un bon entraîneur ?
MK: Un bon entraîneur doit être un pilier de son équipe. Il doit être un phare. Un joueur en manque de confiance ou qui n’a pas compris, c’est parce que l’entraîneur n’a pas réussi à l’attirer vers lui. Il doit trouver la solution dans son groupe. Il doit s’adapter à tout ce qui est possible sur un rectangle vert. Mais aussi, être empathique. Comprendre son joueur, c’est déjà un pas pour pouvoir le faire progresser. S’intéresser à ses joueurs, au-delà du sportif, permet d’avoir une vision plus précise sur l’état et les motivations de son équipe.
AM: Plutôt Hervé Renard ?Pep Guardiola ?Didier Deschamps ? (ou autre référence à votre convenance) Pourquoi ?
MK: On va me prendre pour un fan boy des Spurs de Tottenham, mais Pocchettino à son époque des londoniens en blanc était impressionnant. Après avoir pris une équipe en perdition, il a permis à son groupe de s’améliorer d’année en année, jusqu’à jouer eune finale de Ligue des Champions. Son style de jeu m’a aussi beaucoup plus à l’époque. Je voulais aussi mentionné Mathias Saissle, pour sa jeunesse et la fougue de son équipe de Salzbourg (avant). Jürgen Klopp, pour sa proximité avec ses joueurs et sa hargne.
AM: As-tu rencontre des difficultés particulières au cours de ta carrière d’entraîneur ?
MK: La difficulté la plus importante que j’ai traversé, était lors de la fin saison dernière. Après une année de formation exigeante et stressante, mon équipe des U17 avait réussi l’exploit de revenir en tête du classement après avoir était largué de 10 points par Colmar, et ce à 7 journées de la fin. J’ai souvenir d’un match exceptionnel à l’extérieur contre le second, qui était crucial, gagné 8-1 conte NIFFER. Un exploit qui fût achevé par une erreur débile de ma part, qui nous a valu un retrait de 4 points. Ce moment-là, où j’ai eu beaucoup de soutien des parents, des joueurs et de mon club, m’a fait comprendre que malgré toutes mes qualités, je ne suis pas encore au niveau dans certains points. Cependant, le passé est pour apprendre et pas pour y vivre. Cet élément servira d’apprentissage pour la suite de ma carrière d’entraîneur.
AM: Aurais-tu des conseils à donner à un futur entraîneur ?
MK: Soyez curieux, n’ayez pas peur de prendre des risques, de faire des bourdes, si vous êtes convaincu que ça va marcher faite-le. N’oubliez pas de vous entourer de personnes de confiance. J’ai eu la chance d’avoir toujours eu un entraîneur adjoint de qualité , et qui me complété que ce soit Fabrice Burtin au FCOA, Denis Bastian des U15 au U16 du GJAN, et maintenant Jean-Michel Vogel et Antoine Erhard, cette année.
Souvenir/Souhaits mémoriaux
AM: Quel est/sont le/les moment(s) le(s) plus mémorable(s) de ta carrière de joueur ? Même question sur ta carrière d’entraîneur ?
MK: En tant que joueur, ma plus grosse fierté est d’avoir pu jouer la coupe Gambardella avec Schleithal. Le fait de pouvoir jouer et entraîner sur le terrain historique d’Oberlauterbach m’a toujours fait un petit quelque chose aussi. Enfin, j’ai beaucoup de moments incroyables dans ma carrière d’entraîneur : le fait de monter en U17/R2, d’avoir jouer en coupe Grand-Est contre le FC Metz, d’avoir été sélectionné et diplômé du BEF, ce fameux match de haut de tableau gagné contre NIFFER 8-1. Je me souviens encore du match de notre montée contre la Robertsau. J’avais une causerie très tranchante et brève, avant match. Nous rentrions dans le vestiaire à la mi-temps, avec une avance de 5-0. Quand, j’ai pris la parole j’ai croisé le regard de certains joueurs, et surtout d’un, de Yanis Vogel. Ils avaient tous un énorme sourire à me regarder, en attendant mes consignes et corrections. Je n’avais pas pu éviter de sourire à mon tour en disant : “Bon, nous voilà champions”. La fin du match était de 9-1, gagné. J’ai vraiment beaucoup de souvenir avec mon équipe, et avec chacun de mes joueurs. Nous avons bien plus de belles histoires à raconter que de mauvais moments, et là est toute la force de notre groupe.
AM: Chacun à des rêves ou des souhaits. Pour ton avenir en tant qu’entraîneur, que souhaites-tu ? Quel serait ton rêve ?
MK: Au plus profond de moi, j’ai envie d’entraîner au minimum en Nationale senior. Mais mon plus grand souhait est d’être entraîneur dans un centre de formation. La formation des jeunes est mon domaine, j’aime ça. J’ai énormément de boulot, peut-être qu’on me dira que c’est pas possible, mais je suis buté, c’est un rêve où je cours après depuis que je suis un môme. Et j’ai l’impression d’avancer saison après saison.
Le mot de la fin
AM: Quel est ton mot de la fin?
MK: Un énorme merci à toi de m’avoir permis de m’exprimer dans cette interview. Un grand merci à mes joueurs et leur entourage pour leur implication. L’avenir sera encore grand au GJAN.
Merci à Maximilien Klein de nous avoir donné de son temps pour développer ses réponses lors de cet interview.
Si vous êtes un entraîneur ou éducateur d’un club d’Alsace du Nord et que vous souhaitez répondre à un interview qui sera publié le vendredi sur le site http://nordalsacefoot.com, veuillez cliquer sur ce lien
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