Joël Camolli (entraîneur du SC Roeschwoog) et Nicolas Martiradonna (capitaine du SC Roeschwoog) tenteront de porter les verts vers une exploit face à l’ASC Biesheim (samedi à 15h).
Samedi 24 octobre à 15 h, le stade Jean Pierre de Roeschwoog vivra l’un des rendez-vous les plus marquants de son histoire. Pensionnaire de District 1, le SC Roeschwoog accueillera l’ASC Biesheim, formation de National 1, à l’occasion du 6e tour de la Coupe de France. Une affiche qui oppose deux mondes du football, mais qui nourrit malgré tout les espoirs et les rêves de tout un village.
À Roeschwoog, la Coupe de France n’est pas qu’une compétition. C’est une aventure collective. Depuis plusieurs semaines, le club avance de tour en tour jusqu’à s’offrir ce qui ressemble à une récompense autant qu’à un défi colossal: recevoir une équipe évoluant cinq divisions au-dessus. Pour l’entraîneur Joël Camolli, le parcours réalisé jusque-là appelle toutefois à une certaine mesure: «Pour l’instant, on a fait le travail tout simplement. On a tiré des équipes de notre niveau ou hiérarchiquement inférieures. Le seul exploit qui nous est proposé aujourd’hui, c’est une équipe de National 1, en l’occurrence Biesheim». Une manière de rappeler que le véritable Everest se dresse désormais devant son équipe.
Une fête qui dépasse largement le cadre sportif
Depuis le tirage au sort, c’est toute une commune qui vit au rythme du rendez-vous. Réunions, organisation, anticipation de l’affluence: chacun apporte sa pierre à l’édifice. «Depuis le tirage, ça travaille. On sait que ça va brasser du monde. On sera le seul match de cette importance à se jouer le samedi», explique le technicien. L’expérience acquise il y a deux ans lors de la réception du FR Haguenau sert aujourd’hui de repère. À l’époque, plus d’un millier de personnes avaient répondu présent. Cette fois encore, le club s’attend à voir les travées se remplir. Au cœur de cette ambiance, les «JGA Boys 406», fidèles supporters du club, préparent déjà leur animation. Une ferveur populaire qui symbolise parfaitement l’attachement du village à son équipe. «C’est vraiment une très belle fête pour tout un village et pour une équipe de District», résume Camolli.
Un groupe soudé qui a grandi ensemble
Si Roeschwoog est encore en lice, c’est avant tout grâce à sa force collective. Un constat partagé par le capitaine Nicolas Martiradonna. «Ça fait sept ans que je suis au club et c’est la première année que je vois un groupe aussi soudé. Les jeunes, les anciens, tout le monde est ensemble». Les difficultés de la saison passée ont servi de déclic. Maintien compliqué, remises en question estivales, nouvelles habitudes de travail: le groupe s’est renforcé dans l’adversité. «Il y a eu beaucoup de communication, des séances plus intensives, et aujourd’hui c’est devenu un groupe costaud». Pour le capitaine, la principale qualité de cette équipe tient en quelques mots: «cohésion, entraide, communication et combativité». «Ce groupe est vraiment devenu comme une famille», appuie-t-il.
Le souvenir du Racing et la fierté du village
Nicolas Martiradonna sait ce que représente un grand rendez-vous de Coupe de France. Il avait déjà vécu un septième tour mémorable sous les couleurs d’Oberlauterbach face au Racing Club de Strasbourg. Mais cette fois, l’émotion est différente: «Jouer un match similaire à Roeschwoog est encore un cran au-dessus parce que c’est mon village natal avec tous les copains d’enfance. C’est encore plus beau». Cette dimension locale est omniprésente dans le discours des deux hommes. Une grande partie de l’effectif a été formée au club ou vit à proximité immédiate. «J’ai un noyau de joueurs qui habitent dans un rayon de dix kilomètres», souligne Camolli. «Pour eux, c’est une fierté de défendre les couleurs de leur club formateur».
L’ogre Biesheim arrive sans complexe
Du côté sportif, personne ne se voile la face. Biesheim part avec les faveurs de tous les pronostics. «Là où nous allons mettre trois touches de balle, ils vont en mettre une», avance l’entraîneur roeschwoogois. «Techniquement, tactiquement, ils sont au-dessus. Ils s’entraînent tous les jours». Pour autant, hors de question d’aborder la rencontre en victime résignée. «Si on ne croit pas à l’exploit, on reste au vestiaire et on fait une belote. On a 1 % de chance et on va tout faire pour la saisir». Même son de cloche chez le capitaine: «On a 1 % de chance mais cette chance il faut l’exploiter. Jouer avec le frein à main et avoir des regrets à la fin, c’est qu’on n’a rien compris». Le mot «défi» revient d’ailleurs plus souvent que celui de «plaisir» dans sa bouche: «C’est du plaisir bien sûr, mais pour moi c’est surtout un défi», confie Nicolas Martiradonna.
Entre lucidité et humour
Comme souvent, Joël Camolli préfère dédramatiser l’événement avec une pointe d’autodérision. Interrogé sur la préparation tactique de son équipe, il répond dans un éclat de rire: «On a quelques maçons au club, on a commandé des parpaings et du ciment. On va peut-être prendre le bus de Biesheim pour le mettre dans notre surface de réparation»! Le coach sait pourtant précisément ce qu’il attend de ses hommes: de la solidarité, de l’intelligence collective et beaucoup de discipline. L’objectif est simple: rester dans le match le plus longtemps possible. «La tactique sera de les faire languir le plus longtemps possible à 0-0. Le but du jeu, c’est de durer et d’exister dans le temps». Et si la magie de la Coupe venait à opérer? «Comme dirait Jean-Claude Dusse: sur un malentendu, on peut essayer de conclure», glisse-t-il avec le sourire.
Une semaine pas comme les autres
À Roeschwoog, on a choisi de préparer l’événement loin des recettes habituelles. Exit les séances physiques supplémentaires. «Mardi, plutôt que de les faire courir comme des idiots, ils sont allés aux thermes de Baden-Baden avant de passer une petite soirée ensemble», raconte Camolli. Une façon de conserver la fraîcheur mentale d’un groupe déjà plongé dans son rendez-vous depuis l’annonce du tirage. «Toute la semaine, ils ont joué le match dans leur tête », estime l’entraîneur. Le message adressé aux joueurs est d’ailleurs limpide: profiter. «Ils doivent sortir à 14 h 15 pour l’échauffement avec le sourire et rentrer à 17 h avec le sourire, peu importe le scénario».
Tout un village derrière son équipe
L’autre force du SC Roeschwoog viendra des tribunes. Les joueurs s’attendent à un stade plein et à une ambiance inhabituelle pour leur niveau. «Qu’ils viennent avec encore plus d’énergie et encore plus de voix », lance Martiradonna aux supporters. «Qu’ils viennent tous en vert. On aura besoin de tout le monde». Le capitaine sait que les premières minutes seront particulières.«Il y aura du bruit, du monde. Les dix ou quinze premières minutes vont être compliquées à gérer émotionnellement». Mais personne ne souhaite voir cette parenthèse enchantée se refermer trop vite. «On n’a pas envie de s’arrêter», confie-t-il. «C’est une parenthèse enchantée et on n’a pas envie de la clôturer».
Au-delà du résultat
Que faudrait-il pour renverser une équipe de National 1? Camolli répond du tac au tac: «Solidarité, dépassement de soi… et alcool. Mais ça, ce sera après le match», plaisante-t-il. Derrière cette touche d’humour se cache pourtant une conviction forte: le véritable succès ne se mesurera pas uniquement au tableau d’affichage. «Pour moi, un match réussi, c’est que les garçons aient pris du plaisir et profitent de l’expérience. S’ils ressortent de cette rencontre avec le sourire, alors on aura vraiment gagné quelque chose». Et si jamais l’impensable venait à se produire? «Si on se qualifie, la moitié du village brûle et on demandera un jour férié par arrêté du maire», annonce-t-il en riant. Une boutade qui résume parfaitement l’état d’esprit régnant à Roeschwoog. Face à l’un des favoris de ce 6e tour, personne ne se fait d’illusions. Mais personne n’a non plus envie de renoncer à rêver. Après tout, comme le rappelle Joël Camolli: «la Coupe de France est la Coupe de tous les possibles». Samedi après-midi, tout un village espère encore en faire la démonstration.
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