Vie des clubs | Damien Gautier, de la D2 avec le FC Oberhoffen à la U18/D1 avec le FCE Schirrhein

Damien Gautier exaspéré suite à une occasion franche non convertie par son fils lors de la dernière rencontre amicale jouée par son ancien club - Photo NAF

Après quelques saison de bons et loyaux services au FC Oberhoffen/s/Moder, Damien Gautier a décidé de donner une toute autre dimension à la poursuite de sa carrière d’entraîneur en s’engageant avec le FCE Schirrhein afin de diriger les jeunes U18 du club (District 1). Malgré ce virage à 180°, Damien Gautier paraît plutôt serein quand à sa vision sur le long terme au sein de sa nouvelle maison. Le tacticien normand s’est prêté volontiers à un interview en exclusivité pour Nord Alsace Foot. Confidences…

Damien Gautier, fin tacticien normand de 44 ans débarque en Alsace pour exercer ses fonctions de Policier. Loin de vouloir dresser un tableau complet de l’homme dans son quotidien, nous allons nous attarder plus volontiers sur sa carrière de joueur avant de recueillir ses sentiments en tant qu’entraîneur.

Damien Gautier | Retour d’expérience en qualité de joueur

NAF: As-tu un club ou un joueur préféré?

« Sans hésiter, je vous répondrais le Racing Club de Lens! Son identité, son histoire, les valeurs et son public intergénérationnel ayant suivi les sang et or pendant 58 saisons au sein de l’élite nationale ne me laissent pas indifférent. Pour l’anecdote, un copain à moi (ancien joueur professionnel du RCL) me disait que toutes les recrues débarquant avant le début de saison se voyaient dans l’obligation de visiter une mine, certainement pour bien se mettre dans le contexte. D’un autre côté, le Président Gervais Martel avait même hypothéqué sa maison au grand dam de son épouse afin d’apporter une garantie quant le club était en péril financièrement. Pour moi tout est dit! »

NAF: A quel âge as-tu signé ta première licence? Dans quel club?

« Ma carrière de joueur a commencé à l’âge de cinq ans. Mes parents m’ont engagé dans le club de mon village, à l’US Rémalard (Normandie). Depuis je comptabilise quarante licences pile poil (avec celle qui m’engage avec le FCE Schirrhein pour la saison prochaine) »

NAF: Décris-nous ton parcours de joueur.

« J’avoue, je n’ai jamais été un très bon joueur même si j’ai très souvent joué dans les équipes fanion. Le plus haut niveau où j’ai évolué est la Promotion d’Honneur de l’époque, mon rôle était plutôt à caractère défensif. J’estime avoir été généreux dans l’effort, avoir fait preuve de pugnacité et d’esprit de camaraderie, ce qui était des qualités que je mettais au service du collectif. » 

NAF: Quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs en tant que joueur ?

« J’avais à peine dix-huit ans et je jouais titulaire au poste de stoppeur qui n’existe plus (rires)… Notre petit club de l’US Rémalard s’était qualifié pour la phase finale de la Coupe de Basse Normandie et j’avais largement contribué à cette épopée. A l’occasion d’une rencontre couperet face à la réserve du Stade Malherbe de Caen, le président du club avait demandé au coach de ce temps de privilégier les « anciens » pour ce match de gala afin de les remercier pour tous les services qu’ils avaient rendus au club… M. Delmas, mon mentor et coach, m’a convoqué et m’a appris que je ne ferais donc pas parti du groupe du fait de mon jeune âge. J’ai finalement préparé cette rencontre avec les membres du comité, j’étais fier du parcours réalise, de la réussite du coach… C’était la fête au village et tout le monde se souvient de l’événement mais en oublie volontiers le score à deux chiffres (rires)… L’essentiel est que mes coéquipiers ont défendu les couleurs du club avec courage et j’étais leur premier supporter. Ce moment de ma carrière est à la fois mon meilleur et mon pire souvenir! »

Damien Gautier | Son expérience en qualité d’entraîneur

NAF: Comment t’es venue l’envie d’entraîner un club ?

« Mon cursus professionnel ayant toujours été alimenté par le soucis de se former, de s’entraîner, de se perfectionner et surtout de se donner les moyens d’atteindre les objectifs que je m’étais donné en repoussant mes limites toujours un peu plus loin. Se tourner vers les autres pour partager son savoir avec humilité était la suite logique. J’ai commencé à donner de mon temps en qualité d’éducateur auprès des jeunes avant de devenir préparateur physique pour enfin prendre les rennes de plusieurs équipes réserve. Par mon vécu, on me sollicite souvent dans divers domaines… J’essaie de rendre au football ce qu’il m’a offert… »

NAF: Quelles sont pour toi les qualités requises que doit avoir un entraîneur ?

« Tel que pour éviter de rendre une feuille blanche lors d’un sujet de philo, je vous répondrais tout simplement que pour être un bon entraîneur il faut être ENTRAÎNANT. »

NAF: As-tu un entraîneur du monde professionnel comme modèle ?

« Je vais certainement vous étonner mais ma référence n’est pas un entraîneur de foot mais un vrai passionné de football. Avec cette personne, si tu veux gagner des titres, aller chercher le pompom, tu dois passer entre ses mains. Son nom? Philippe Lucas, entraîneur de natation. Nous avons tous les deux des points communs et, pour cette raison, j’aimerais le rencontrer… »

NAF: Quel regard portes-tu sur le football amateur actuel ?

« Avec la crise sanitaire, on se rend compte que les personnes ont besoin de se voir, de se rencontrer, d’échanger… La rencontre de football du week-end permet tout cela dans les petits villages. Depuis longtemps, la messe du dimanche du matin et le match du dimanche après-midi permet ces échanges. Le football amateur est le poumon du village et doit rester un sport populaire, viril et singulier où chacun défend ses couleurs et, au terme d’une bonne rencontre, les gens peuvent encore passer un moment convivial au club house. Ce football de village que j’aime tant a ces vertus depuis son émergence mais il doit faire attention à ne pas être pollué financièrement. De plus en plus de jeunes ont des prétentions financières souvent excessives, certains clubs donnant des primes de présence à l’entraînement… Pour ma part je paierai pour m’entraîner avec l’équipe fanion, cette philosophie étant aux antipodes de certaines prétentions évoquées précédemment »

NAF: Aurais-tu des propositions pour améliorer le foot actuel ?

« Je n’ai pas vraiment de propositions pour améliorer le football actuel. Je n’ai pas de prétentions, j’essaie seulement de sensibiliser les garçons dont j’ai eu la charge. A cette chance formidable d’encadrer toutes ces personnes, j’ai la chance d’être en bonne santé, de pouvoir courir et transpirer, de pleurer de rire dans un vestiaire ou ça sent l’huile camphrée… »

NAF: A quelle date es-tu arrivé en Alsace ?Les raisons ?Le premier club dans la région en tant qu’entraîneur?

« Je suis arrivé en Alsace en mars 2004 pour des raisons professionnelles. L’antenne du RAID de Strasbourg m’intéressait et j’ai eu l’honneur d’y servir et faire de formidables rencontres. Avant cette expérience, j’étais militaire à Orléans. Mon fils Andy était joueur débutant au FC Bischwiller et le club avait besoin d’éducateurs et c’est à cette occasion que j’ai sauté le pas et cela m’a permis de découvrir le football Alsacien. Cette opportunité fut un vrai vecteur d’intégration, surtout quant vous venez de l’intérieur de la France… »

NAF: Décris-nous ton sentiment par rapport à ce qui a été entrepris au FC Oberhoffen/s/Moder.

« Vous me prenez par les sentiments… J’y ai passé trois merveilleuses saisons, surtout sur le plan humain, notamment avec l’accueil qui m’a été réservé au sein du groupe, au sein du club et au sein du groupe des fidèles supporters du club, ce fameux douzième homme LES ENFANTS DU SONNENHOF. Ma venue au club a été vécue comme un véritable choc pour les joueurs, membres du comité et spectateurs avec ma façon de vivre le football en voyant l’animation des entraînement (les voisins en profitant indirectement) et l’animation du jeu lors des premières rencontres… J’ai eu à coeur de n’oublier personne, peu importe le niveau et la catégorie, le club ayant finit par grandir un peu plus en se faisant remarquer. L’équipe fanion s’est construite autour des anciens du club formant un noyau dur pour encadrer les nouveaux arrivants n’ayant pas toujours été titulaires dans leurs anciennes équipes. On a travaillé et progressé ensemble en proposant un football attrayant et différent avec un entraîneur atypique et charismatique, je l’avoue. »

NAF: Que souhaites-tu au FC Oberhoffen/s/Moder pour la saison à venir?

« Je suis triste de voir autant de départ cette saison alors que l’on en avait enregistré que deux en trois saisons, toutes deux pour raisons professionnelles.Il ne faut pas se voiler la face, la saison va être difficile mais, grâce aux anciens restés au club, le FCO saura relever le challenge, du moins je l’espère. »

NAF: Damien Gautier, de la D2 aux U18/D1… Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

« Ce choix pourra paraître étonnant il est vrai… Le FCE Schirrhein/Schirrhoffen est un club référence en Alsace du nord avec à peine 3000 âmes vivant dans ce village. Ce club défend dignement ses couleurs dans l’élite régionale ainsi qu’au sein de son école de football dont il détient un label « espoir ». A titre personnel, j’espère décrocher mon BMF cette saison pour ensuite enchaîner sur le Brevet d’Educateur de Football, le club ayant tous les critères pour m’aider à évoluer vers mes objectifs. En contrepartie de mon engagement, je vais avoir en charge les U18 du club pour leur faire bénéficier de mon expérience. Ce sont des grands enfants et/ou des jeunes adultes qui méritent l’attention et la qualité d’entraînement d’une équipe fanion de niveau départemental. Quand un club comme le FCE Schirrhein/Schirrhoffen te sollicite, il faut réfléchir attentivement à la proposition. Dans ce club, rien n’est fait au hasard, c’est d’ailleurs ce qui me plaît, j’aime pas la bricole… »

NAF: Tes ambitions pour la saison à venir avec ton nouveau groupe.

« Mes ambitions sont celles du club, à savoir permettre aux U18 de monter à l’échelon supérieur tout en les préparant à évoluer dans les équipes seniors au niveau régional au moment opportun. »

NAF: Ton mot de la fin.

« J’ai une pensée pour ma famille qui m’accompagne et me soutient dans mes projets compliqués et difficiles depuis des années et je remercie le football pour tout ce qu’il m’apporte. J’aime les gens, tout simplement! »



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